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 It's better to say too much... [PV]

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Samuel Fischer
• Chasin' the Sky
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MessageSujet: It's better to say too much... [PV]   Lun 28 Juil - 17:27

L’été était vraiment une saison à part. Une saison de changements mais à petite échelle. Loin du renouveau spectaculaire d’un printemps précoce ou même de la mort lente de toute verdure synonyme d’hiver, l’été se contentait de poursuivre les transformations instaurées par la saison précédente, les durs rayons du soleil commençant lentement mais sûrement leur travail de destruction, rendant les champs stériles et dorés. Cela faisait six étés – déjà – passés à Naples, loin de son Nevada natal, où tout n’était que désert jaunâtre à perte de vue. L’habitude avait fait son travail d’éboueur, ôtant les vieux souvenirs qui ne demandaient qu’à être remplacés par de nouveaux, le cœur de Sam pouvait désormais été catalogué comme à quatre-vingt dix-neuf pourcents italien, presque totalement napolitain. Sauf qu’à chaque fois qu’il se regardait dans un miroir, ses traits ne reflétaient que ses origines pourtant aussi diverses que variés, dès qu’il ouvrait la bouche, son satané accent lui rappelait qui il était réellement : un américain qui avait fui sa vie, ses problèmes et sa famille pour plonger dans l’inconnu. Ce qui lui avait réussi, indéniablement. Alors qu’outre Atlantique ne lui restaient plus qu’un père aux abonnés absents et un frère au caractère détestable, il avait trouvé dans la botte européenne des parents, des amis, un foyer dans lequel il se sentait bien. Rien à voir avec la vie à Vegas, il était parvenu à se poser. Lui qui n’avait jamais été qu’un rebelle allergique à l’autorité et à l’école, il avait appris à prendre la vie du bon côté, pesant le pour et le contre de chaque situation, la moindre de ses actions était mûrement réfléchie. Bien entendu, la route avait été longue et sinueuse pour parvenir à un tel résultat, toutefois il pouvait se féliciter d’avoir changé. Et d’avoir laisser les ennuis derrière lui. Tout au moins, les ennuis volontaires.

Un mouvement de clé dans l’interrupteur principal du garage et la lumière disparut, plongeant le propriétaire dans le silence et le noir total. Admirant à travers la pénombre le travail de sa vie – qui était encore relativement courte – le jeune homme ne put que sourire face à l’odeur de cambouis si familière qui lui chatouillait les narines ainsi qu’à la réverbération timide des carrosseries métallisées. Il fallait reconnaître que les inventeurs de l’automobile – qui, durant l’enfance de Samuel, avaient tous reçu le doux nom de « Monsieur Voiture » - avaient fait un sacrément bon boulot en découvrant un tel engin. Il en allait de même pour « Monsieur Moto ». Car si Fischer avait changé de mode de vie du tout au tout, il y avait toujours ce dénominateur commun qui lui rappelait qui il était : la mécanique. Il ne sauverait jamais des vies grâce à un talent de neurochirurgiens, il ne défendrait jamais d’innocents en devenant une star du Barreau, pas plus qu’il dédierait son existence tout entière à la défense des baleines à bosse ; lui, il réparait juste des voitures, il savait jouer avec les écrous et le carburant, et il le faisait bien. C’était tout. Mais ça lui suffisait. A partir du moment où il appréciait ce qu’il faisait et recevait la reconnaissance de ses clients. Samuel gratifia le bâtiment vide d’un au revoir qui serait apparu plus que stupide à des yeux non avertis avant de s’assurer pour la énième fois que sa moto était bien en sécurité, propre et à l’abri des courants d’air. Dans un soupir, il se résigna à la laisser après une ultime caresse sur le guidon comme si elle avait été un vrai petit animal de compagnie. Aujourd’hui, il avait pris la décision de profiter de la douceur du soleil crépusculaire, il allait s’y tenir malgré l’effort considérable qui lui en coûtait. Car laisser son bébé, c’était comme courir un marathon nu sur la plage, improbable. Ou presque.

Ses craintes quant au malheur possible que courait sa Harley chérie s’évanouirent sous les effleurements bienveillants du soleil couchant. Comme Superman, il retrouvait sa force sous les puissants rayons de l’astre majestueux, et en prime il ne craignait pas la kryptonite. Les couleurs de la ville emplirent ses yeux d’un millier d’étoiles, l’odeur des fleurs tombant des balcons se mêlait à la perfection aux pépiements joyeux des sansonnets et autres oiseaux estivaux. Les rues respiraient la joie de vivre, transmettant aux badauds insouciants une bonne humeur bienvenue. Samuel y compris. Une fontaine de chevelure auburn se dessina dans son champ de vision, l’obligeant dans un premier temps à plisser les yeux pour discerner avec exactitude la nature connue ou non de la demoiselle, bien vite sa grimace interrogatrice se mua en un large sourire satisfait alors qu’il accélérait l’allure pour parvenir à la hauteur de la jeune femme.


« Vous ici, miss Castelli, » souffla-t-il en baissant la tête avec humilité dans un semblant de salut révérencieux. Bien vite, son air réjoui reprit le dessus, laissant filtrer un nouveau sourire tout nouveau, tout beau. « Belle journée, n’est-ce pas ? »

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Apolline Castelli
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MessageSujet: Re: It's better to say too much... [PV]   Mar 29 Juil - 18:12

Elle avait cru qu’elle s’habituerait un jour à cette sensation désagréable de se sentir épiée et observée, mais cela n’était pas le cas. Le poids du regard de ces inconnus qui savaient presque tout d’elle pesait sur ses épaules et sur sa nuque comme un doigt volontaire appuyé sur un interrupteur. C’était comme lorsque, dans le train, quelqu’un lit votre journal par-dessus votre épaule tout simplement parce que son champ de vision le lui permet. Il n’a pas le sentiment de violer votre intimité, c’est un journal, il est imprimé pour tout le monde, et il n’empiète pas non plus sur votre espace personnel puisqu’il lit depuis sa position, mais malgré tout, c’est terriblement gênant. Dans le cas d’Apolline ça l’était d’autant plus qu’Ils ne se contentaient pas de lire les nouvelles destinées à tous, ils prenaient en note toute sa vie. Toutes ces petites routines qu’elle avait mises en place n’étaient plus seulement ses propres repères, ils servaient aussi de repères à d’autres.

Depuis qu’elle était revenue à Naples en effet, cette ville qui avait vu la période de son innocence avant qu’elle ne la détruise en ne supportant pas son déménagement, Apolline avait été déçue. Elle avait cru que les murs de cette ville qu’elle connaissait si bien et avec qui elle avait tissé un rapport intime suffirait à la cacher des yeux de son passé, mais malheureusement ce ne fut pas le cas. Les murs, en plus d’avoir des oreilles, avec des yeux traîtres, reliés au cerveau qui gérait toute sa vie : son père. Ainsi, elle s’était progressivement rendue compte qu’elle était suivie et espionnée. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour déterminer au service de qui étaient ces voyeurs, mais elle n’avait pas encore réalisé à quel point ils avaient envahis toute sa vie. Qu’ils s’informent pour voir où elle travaillait, passe encore, mais qu’ils s’immiscent dans ses relations – amicales de surcroît, la relation humaine par excellence dans laquelle le risque est le plus minime – cela devenait vraiment insultant.

Comme tous les soirs, ce que ces gens savaient depuis longtemps déjà, elle rentrait chez elle à vélo en passant par la Via Del Troconsolo, rue qui reliait sur une bonne partie du chemin le bar où elle travaillait depuis quelques semaines et son nouvel appartement qu’elle partageait en colocation avec le fameux Raffaelo. Elle venait à peine d’y emménager et cela la perturbait assez ; elle n’avait pas besoin de savoir que son père faisait déjà des recherches sur ledit Raffaelo.

Obligée de plisser les yeux à cause du couchant, elle ne se rendit pas compte que quelqu’un venait de rejoindre son niveau, et ce fut presque avec un sursaut qu’elle réagit lorsque l’on prononça son nom. Mais un coup d’œil lui apprit que c’était ce bon vieux Sam et qu’il n’était pas question de s’inquiéter, sauf de lui. Car ce qu’il semblait avoir oublié était encore vivace et sujet à maintes rancoeurs dans son esprit.


« Sam ! » fit-elle avec un sourire un peu forcé, avant de descendre de sa bicyclette et d’aller lui donner l’accolade, « Tu m’as l’air bien guilleret pour un travailleur ! »

Elle jeta discrètement un regard derrière elle et reprit sa marche, cette fois en marchant sur le trottoir après avoir hissé sa bicyclette dessus. Presque tous les soirs elle croisait Sam sur cette route, et il fallait que ce soir elle l’oublie alors que d’habitude elle guettait les environs pour le voir arriver. Dans un coin sombre de son esprit une voix lui souffla que d’autres personnes avaient dû s’attendre à cette rencontre, et son visage, d’habitude toujours si heureux de voir cet ami à qui elle pouvait ne montrer que le meilleur d’elle-même, était un peu noir.

« Bonne journée ? » demanda-t-elle automatiquement, pour forcer une conversation qui ne lui venait pas.


[Je suis émue ]

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J'ADORE NUMB3RS & WILSON
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CLEAN TEEN
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Samuel Fischer
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MessageSujet: Re: It's better to say too much... [PV]   Mer 30 Juil - 20:38

Un sourire, un mot tendre, les gazouillis des oiseaux, quelques rayons de soleil. Il en fallait peu pour mettre Samuel de bonne humeur – moins encore pour renverser la vapeur et le faire entrer dans une rage totale, mais là n’était pas la question – et, cette soirée là, tout était réuni pour lui donner l’envie irrésistible de siffloter gaiement en hommage au vent, au ciel bleu, à Mère Nature, tout simplement. On aurait pu le penser au sommet de la gaieté tant sa démarche était active, son attitude épanouie. C’était sans compter sur l’arrivée d’Apolline dans son champ de vision. Un ami était bien meilleur qu’un mois complet de thalasso thérapie dans un centre de remise en forme. Il n’existait pas remède plus efficace contre la morosité de par le monde. Les amitiés avaient beau se faire et se défaire aux grés des marées de l’existence, il y avait toujours des liens inaltérables faits pour durer dans le temps et la distance. Connaissances, amis de passage, amis de toujours, Sam en possédait toute une liste dont il ne pouvait – et ne voulait – se passer. Il est d’usage de dire que les véritables amitiés se comptent sur les doigts d’une main, ça n’était définitivement pas son cas – à moins qu’il possède une dextre digne d’un extraterrestre venu d’une lointaine planète – puisque son cœur se taillait en plus de cinq parts non égales. C’était à ce prix qu’il était aussi posé, que son goût de la vie ne s’altérait pas aussi rapidement qu’autrefois.

« Je suppose que je suis guilleret parce que je travaille, justement, » répondit-il avec un haussement de sourcils prouvant que son raisonnement ne tenait pas la route. « Enfin, parce que j’ai les poches plus pleines que ce matin. » Une conclusion bien amère malgré son ton enjoué mais tellement empreinte de vérité. Qui disait de l’argent qu’il ne faisait pas le bonheur pouvait bien jeter la première pierre au reste de l’humanité. Samuel pouvait bien se vanter d’avoir un métier convenable qu’il adorait, s’il n’avait pas eu l’argent nécessaire pour monter sa propre affaire, il n’aurait sans doute pas réussi de la sorte. Le simple fait de ressasser les mois passés au service d’un patron qu’il avait bien vite jugé comme incompétent avec des collègues qui changeaient toutes les semaines lui donnait la nausée. Oui, il n’y avait vraiment qu’à son compte qu’il se sentait bien dans son travail. Dommage que sa mère ait dû offrir sa vie dans un malheureux accident pour qu’il parvienne jusqu’à ce taux d’autosatisfaction. Nombreux étaient les sacrifices à faire pour réussir, pourtant Fischer ne regrettait qu’à moitié ce qui s’était passé ; il avait fait son deuil des années auparavant et avait énormément de mal à imaginer sa vie avec sa génitrice encore vivante autre qu’en américain dépressif sans avenir. Rien de bien glorieux.

« Je n’ai pas à me plaindre, » commença-t-il en notant le ton lointain de la jeune femme. Il n’en fit aucun commentaire mais ne put empêcher un froncement de sourcils lourd d’interrogation. « Des clients chiants, des clients sympa, un mécanicien gras du bide, des voitures, encore des voitures. » Il marqua une pause, le regard plongé dans le vague avant d’hausser les épaules dans une attitude désabusée. « La routine, en somme. » Son visage s’éclaira de nouveau d’un sourire timide dont il gratifia Apolline en tournant la tête vers elle. Il la regarda un moment en silence, cherchant à sonder dans son allure ou ses traits un quelconque indice quant à son état d’esprit mais lâcha bien vite prise. Les filles étaient trop compliquées, il n’y avait jamais moyen de savoir ce à quoi elle pensait, et lorsqu’elle faisait part de ce qui n’allait pas, c’était toujours trop tard. Et Sam parlait en connaissance de cause pour avoir une longue liste de proches de sexe féminin. C’était en partie pour cela qu’il exhibait fièrement son statut de célibataire endurci, jugeant préférable d’être seul plutôt qu’en compagnie d’une incompréhensible incomprise. « Et au bar, toujours pareil ? » demanda-t-il avec, comme arrière-pensée, le souhait qu'elle lui expose ce qui la tracassait. Car, le son de sa voix et l'expression de son visage le trahissait bien, tout ne devait pas aller comme elle le voulait.

Son regard se promena un instant sur l’horizon rose-orangé avant de revenir sur la brunette, ou plus précisément sur ce qu’elle faisait tranquillement rouler à côté d’elle. « Tu sais, je ne comprends toujours pas pourquoi tu te trimballes avec cette, » il chercha le mot adéquat pour ne pas choquer l’auditoire tout en exprimant correctement le fond de sa pensée, « chose. » Raté. Il dodelina de la tête avec une moue amusée. Il avait énormément de mal à imaginer une vie sans engins à moteur, lui qui en possédait deux et qui trouvait encore cela insuffisant, et de savoir qu’Apolline venait à bout de ses trajets quotidiens en bicyclette le révoltait autant que l’impressionnait. Au moins, il pouvait se vanter d’avoir une amie écolo.
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