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 On a tous besoin de curry. [R.]

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Monica Ricci
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MessageSujet: On a tous besoin de curry. [R.]   Jeu 17 Juil - 13:18

Il existe des dons ou des formes de talents, qui suivant la situation dans laquelle nous nous trouvons, peuvent s'avérer être des tares. Prenons l'exemple de la jeune Monica Ricci, qui durant son enfance et jusqu'à maintenant a su montrer un talent incroyable pour assimiler et garder en mémoire de nombreuses informations. Capable d'emmagasiner des données piochées ci et là, elle garde aussi en mémoire des mots ou des situations qu'elle peut ressortir. De nature quelque peu rancunière, Monica pouvait même vous ressortir un vieux dossier enfouis, qu'elle mâchonnait en silence, pour se venger. Le seul véritable problème d'avoir une mémoire aussi performante, c'est que même si l'on peut collectionner de merveilleux moments de bonheur, on peut aussi ressacer d'horribles instants qu'on préfèrerait vite oublier.

Et malheureusement, c'est ce qui arrivait à la jeune Ricci. Assise sur sa chaise de bureau, elle se laissait tourner lentement sur les roulettes la tête penchée en arrière, emmêlant nerveusement ses cheveux autour de son doigt. Elle avait levé son autre bras libre, et observait les secondes s'écouler lentement, puis elle lâcha un lourd soupir. Cela faisait à présent une semaine et quelques vingt heures de plus qu'elle ruminait en silence un souvenir qui n'arrivait à se mettre dans un fond de tiroir, bien profond et s'entasser de poussière pour se faire oublier. Elle était devenue exécrable, distante et froide. Elle se tapait régulièrement la tête avec la paume de sa main lorsqu'elle croisait son reflet dans un miroir ou sa culotte en dentelle noire qui avait fait un voyage express hors de son emplacement habituel. Ses séances de yoga avec Apolline étaient devenues un vrai carnage, la jeune fille de pouvant se résoudre à se conscentrer, puisque faire le vide dans son cerveau était devenu pire qu'une mission impossible. Et n'étant pas sponsorisé par Adidas, impossible is NOT nothing.

Le pire, c'était le fait qu'elle n'arrivait pas à se décider. Voulait elle le voir ? Voulait elle en parler ? Ahahaha quelle blague ! Plutôt mourir dévorée par les tortues des Galapagos, plutôt que d'affronter ça. Monica était l'incarnation même de la fuite avec panache : lorsqu'elle sortait de chez elle, elle longeait les murs de la ville, lunettes de Soleil et casquette, comme si elle était recherchée par Interpol. Mais le pire était certainement le fait que, sous le stress, Monica vidait en moyenne quatre bouteilles d'eau par jour et qu'elle passait le reste du temps aux toilettes. En résumé, sa vie depuis une semaine ressemblait à un Enfer.

Appuyant doucement sur les touches du clavier, son rapport se résumait à « AZERTY123456-+*/ ».C'était riche et conscit et elle était dessus depuis une heure trente. Elle finit par se rendre à l'évidence que ce n'était pas ce soir qu'elle finira ce rapport, et se releva mollement, et ôta sa blouse, la lançant sur le dossier de la chaise. Puis, elle baragouina un juron en africain, puis ferma la lumière du bureau tout en se dirigeant vers la salle d'autopsie qui le jouxtait, en écrasant un lourd baîllement. Puis elle se figea un instant, restant dans le noir, entre deux pièces, hésitant. Son premier pas alors eu une double résonnance étrange. Elle ouvrit ses yeux, sentant son rythme cardiaque s'accélérer dans sa poitrine. A tâton, elle chercha l'interrupteur, et prit une inspiration discrète avant d'appuyer dessus.

Lorsque la lumière fût, elle hoqueta, sursauta et recula d'un pas. Si elle ne savait pas prendre autant sur elle même, elle se serait fait pipi dessus. Une énorme boule dans son estomac remonta à toute allure, la faisant alors exploser.

« MAIS TU PEUX PAS FAIRE DU BRUIT QUAND TU ENTRES DANS UNE PIECE ? »
Elle plaqua sa main sur sa poitrine, reprenant sa respiration.
« Tu m'as fais super peur, t'es vraiment un vieux gnou »

Depuis qu'elle avait allumé la lumière, elle n'avait pas osé le croiser dans les yeux. D'ailleurs, depuis qu'elle ressaçait cet instant qu'ils avaient partagés, elle n'avait jamais repensé à son prénom et l'avait remplacé par ce petit pronom « Il ». Et là qu'il était devant elle, dans la salle d'autopsie, dans SA salle, dans SON intimité bien à elle, dans un endroit qui était son espace si privée qu'elle se sentait même violée. Enfin, façon de parler bien entendu ...

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Teseo Mastriani

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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Ven 18 Juil - 18:38

Une semaine, vingt heures, dix-huit minutes et quelques secondes. Cela faisait exactement une semaine, vingt heures, dix-huit minutes et quelques secondes montre en main que Teseo avait agit comme le dernier des imbéciles. Presque huit jours vu l’heure tardive, la nuit étant déjà tombée depuis un bout de temps sur la ville, sans que l’idée de se changer les idées ne l’effleure. D’ordinaire, il quittait la rédaction de bonne heure pour aller et venir en ville, trouver quelques informations inédit et boire un café en compagnie d’Apolline ou de répéter avec Luca sur leurs derniers accords. Rien de tous ça pourtant ce soir là, il était renfermé sur lui-même, réduisant son langage aux réponses monosyllabiques qui auraient à coup sûr fait passer l’homme des cavernes pour le plus charmant des compagnons de conversation. C’était ainsi, quand quelque chose perturbait, taraudait, turlupinait ou requérait son attention, il défiait la carpe à son propre jeu, et ne pipait mot. Ce qui était d’autant plus facile à deviner puisqu’il était d’un naturel affable, ne se faisant pas prier pour prendre la parole et alimenter une conversation lorsqu’il était en pleine forme. Sauf que pour le moment, c’était loin d’être le cas, et ça, tout le monde s’en rendait compte. Lui y compris, mais il se persuadait que c’était à cause d’une mauvaise grippe. En plein mois de juillet, bien entendu.

Une semaine, vingt heures, dix-huit minutes et quelques secondes. Depuis qu’il avait claqué la porte de l’appartement, le sourire aux lèvres, sans savoir ce qui l’attendait par la suite. Lui aurait t-on dit qu’il en serait réduit à tourner en rond dans une salle de rédaction en fusillant du regard ses pauvres collègues qui osait lui adresser la parole qu’il vous aurait emmené lui-même à l’asile le plus proche. Pourtant, c’était bien le cas, et ce fut presque par la force qu’il fut expulsé, ce soir là comme les 5 précédents, de la salle à l’atmosphère chargée de café et d’encre. Fulminant comme un joueur de football expulsé du stade, la faute grave en mois, Teseo rejoignit son appartement en conduisant encore plus inconsciemment que d’habitude, frôlant les voitures en manquant d’arracher quelques rétroviseurs. Et une fois chez lui, il tournait comme un lion en cage, le café étant en partie responsable, mais pas seulement. Le plus agaçant était qu’il savait que ce sentiment était aussi irrationnel que stupide, mais rien n’y faisait. S’il ne faisait pas quelque chose maintenant, il allait devenir fou ou passez ses nerfs sur Bulle. Le poisson rouge. Mieux valait éviter de se mettre la SPA sur le dos à cause de la plainte de la voisine, véritable Brigitte Bardot italienne. Alors, presque sur un coup de tête, il ressortit aussi vite qu’il était entré, et claqua violemment la porte derrière lui: qui a dit qu’il était du genre rationnel ?

Un quart d’heure plus tard et quelques feux rouges grillés, la moto flamboyante stoppa sa course folle en face de la morgue de l’hôpital. Lugubre vu l’heure tardive certes, mais il ne venait pas pour discuter avec un de ces bonhommes blanchâtres qui portaient leur matricule sur les doigts de pieds. Plutôt à celle qui s’occupait d’écrire sur l’étiquette. Et malgré l’heure, il ne doutait pas une seule seconde qu’elle serait là. Elle passait ses journées là-bas, et il la soupçonnait même d’y avoir installé une couchette pour ne pas perdre la moindre seconde. Où, il préférait ne pas le savoir.

Dévalant les escaliers plongé dans l’obscurité, il se figea quelques secondes: bien qu’il soit déjà venu quelques fois pour se faire rembarrer aussi sec, il n’avait pas la moindre idée de la pièce qui était celle de son bureau. Génial, un labyrinthe dans la morgue. Avec un soupir, il avança de quelques pas, et entra dans la première pièce à sa droite, sans savoir de laquelle il s’agissait. L’obscurité était toujours présente, et tandis qu’il cherchait l’interrupteur tel un aveugle, un bruit de pas résonna. Quatre vingt dix pour cent de chances que ce soit elle. Silencieux, il recula d’un pas, et un sourire amusé apparut sur son visage lorsqu’elle sursauta après avoir allumé la lumière. Bon, il avait tiré la mauvaise carte en atterrissant dans la froide salle d’autopsie dont il ne voulait pas se rappeler l’usage, mais elle était là.


« Parce que si j’avais sortit le clairon et les claquettes tu m’aurais accueillit à bras ouverts ? Mince, j’aurais du me renseigner alors. » Disparu le mutisme, bonjour l’ironie. Impressionnant non ?

Le léger sourire qu’il avait au lèvres après sa tentative d’humour disparu lorsqu’il constata qu’elle fuyait son regard. Après tout, peut être qu’il s’était monté la tête tout seul, et que venir ici avait été la pire idée qu’il avait eu depuis le concours de lancer de capsules. Peut être avait t-elle simplement envie d’oublier la soirée qu’ils avaient passé, et il ne pouvait l’en blâmer, puisque c’était précisément ce qu’il avait songer à faire avant de comprendre qu’il n’y parviendrait pas à moins d’un lavage de cerveau dans la règle de l’art. « Désolé, ce n’était pas intentionnel. » Il haussa les épaules et levant légèrement les mains, ce qui chez lui s’apparentait à des excuses. Il ne fallait pas non pluq trop en demander. Je sais, je signe souvent mes articles par ‘vieux gnou’, il parait que c’est mystérieux et que ça fait vendre. »

Il cherchait à la faire sourire, ou du moins lever les yeux vers lui. Mais il aurait pu se mettre à danser autour de la table d’autopsie en invoquant le Dieu de la pluie que cela n’aurait rien changé. Du moins c’était l’impression qu’il avait en la voyant ainsi, immobile et tête baissée. Teseo hésita: s’il était venu, c’était pour mettre les choses au clair, et faire disparaitre ce trouble qui faisait de sa vie un bazar monstrueux. Il n’allait pas se dégonfler maintenant, même si elle avait le don le perturber encore davantage.

Écoute Monica … Je… Voilà qu’il hésitait, de mieux en mieux ! Son panache et sa belle assurance semblait s’être volatilisés, neutralisés par l’acier froid qui les entourait.  « Je comprendrais que tu ne veilles pas me parler, ni même me voir, je t’assure. Et si tu veux que je parte sur le champ, je te jure que je ne ferai pas d’histoires tant que tu ne me menace pas avec un scalpel. Promis. »

Tout de long de sa courte tirade, il s’était sentit de moins en moins assuré. Mais il ne pouvait continuer tant qu’il n’était pas sûr que ça en vaille la peine. Ce n’était pas son genre d’être vraiment sincère, préférant éviter tout sujet le concernant. Or, il n’avait pas le choix en ce moment, mais n’était pas suicidaire au point de sauter dans le vide sans protections.

« Je sais que c’était assez bizarre, même complètement dément ce qui s’est passé entre nous, et tu n’a qu’un mot à dire et je franchirai une bonne fois pour toute cette porte et te ficherai la paix, même si je dois dire que je ne suis pas venu juste pour me faire traiter de gnou … Enfin, je dis pas que je t’en veux, mais que … Voilà quoi. » La gravité de ses paroles se volatilisa bien vite, et il lui adressa un de ces sourires qui feraient fondre le plus dur des soldats, avant de faire quelques pas pour revenir se figer juste en face d’elle, l’obligeant à lever les yeux vers lui.  « Mais je peux aussi rester un peu si ça ne te dérange pas, j’ai rien de prévu pour les quatorze prochaines minutes …
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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Sam 19 Juil - 23:37

Ah oui l'humour. Il avait étrangement manqué à Monica. Au début, elle se souvient à quel point il était désagréable, comme du sable collé à la peau lorsque vous êtes mouillée, ou un match de foot à la place de votre série télévisée préférée, ou une mamie qui vous double dans une file d'attente alors que vous attendiez depuis une heure, ou la pluie qui tombe sur votre linge qui sèche dehors. Elle se perdit un instant, se demandant si c'était de l'humour de Tes ou de lui en personne, dont elle s'amusait à comparer la présence à un tas d'horrible évènements quotidiens qui vous mettent hors de vous. Bref, tout ça pour dire que bizarrement, cette manie insupportable qu'il avait à détourner chaque mot qu'elle disait dans un contexte humouristique lui avait très bizarrement manqué. Alors elle baissa encore un peu plus la tête, pour dissimuler un peu plus son visage dans ses cheveux pour pouvoir esquisser un sourire extrêmement discret. Il s'effaça presque immédiatement comme si elle venaît de commettre un affront, entortillant nerveusement ses doigts contre ses cuisses, coinçant un bout de tissu du jean entre son pouce et son index.

Chaque mot qu'il prononçait était comme un poid douloureux dans son désir de fuir ventre à terre, en hurlant à la mort. Parce que oui, Monica était la reine de l'esquive, de la fuite. Quoiqu'on en dise elle n'était ni courageuse, ni sûre d'elle. La seule fois où Monica ne tremblait pas, était forte, sûre et pleine d'initiatives c'était quand elle se trouvait devant un cadavre, scalpel en main. Là, elle avait la tête haute, un rythme cardiaque stable, une respiration parfaite. En résumé, Monica était capable d'avoir un comportement tout ce qu'il y a de plus normal que lorsqu'elle était en présence d'un mort. C'était très encourageant. Ca résumait bien le problème de Monica : une handicapé des relations. Dès qu'une amitié vint à s'intensifier, que les coeurs s'ouvrent et les sentiments apparaissent, la grosse tortue Monica se referme, se retracte et laisse qu'une carapace vide.

Complètement désorientée, elle se maudit : pourquoi soulevait il tellement de questionnement sur elle même alors qu'il était là, à sortir des inépsies ? Elle le maudissait LUI. La jeune Ricci prit enfin une profonde inspiration, alors qu'il commençait à hésiter. Il perdait pied à son tour, et elle, elle reprenait doucement une très légère assurance. Elle se redressa, prenant une longue inspiration avec difficulté, et redressa enfin son visage. Se mordant l'intérieur de sa joue, elle respira avec des acoups, puis ses yeux clignèrent, alors qu'elle se sentait défaillir lorsque leurs regards se croisèrent enfin. Il y avait cette électricité qu'il y avait toujours eu, même quand elle le haïssait. Cela voulait dire qu'elle ne le haïssait plus ? Aucune idée, c'était trop dure à dire, elle hésitait, elle se haïssait elle de ne savoir rien d'elle même. Un frisson parcourue son échine : son regard était insurmontable. Noir, absorbant, hypnotisant. Ce n'était malheureusement pas le pire, puisqu'elle se doutait que le moment fatidique où ils se toucheraient serait pire que ce regard. Et le regard ET le contact serait un retour apocalyptique à un mélange Hiroshima, les deux guerres mondiales et la guerre du golf réunis. Bref un véritable bonheur pour les nerfs, et les capteurs du cerveau qui seront heureux d'envoyer suffisament d'énergie aux hormones qu'ils pourraient alimenter la ville de Tokyo en électricité.

Là, tout de suite, Monica aurait voulu riposter. Elle aurait voulu le rassurer, lui dire que bien sûr elle ne voulait pas le voir mais que ça dépendait que d'elle...Enfin...Non, que c'était compliqué...Bon en faite, elle n'arrivait pas à parler parce qu'au fond d'elle il savait qu'elle devait simplement se taire, et le laisser poursuivre. Elle dessera ses lèvres, laissant filtrer de l'air mais ne laissant sortir aucun son.
Elle patienta, et son coeur s'accéléra lorsqu'il se tut. Elle se demanda si elle devait prendre la parole ou attendre. Agir ou fuir. Agir ? Fuir ? Les questions habituelles en somme. Mais il mit fin à sa souffrance, en reprenant son monologue. D'instinct, elle baissa immédiatement sa tête, parce que ses paroles étaient plus lourdes en sens et chaque syllabe la frappait de plein fouet comme un vent froid qui s'engouffre dans vos cheveux lorsque vous ouvrez la fenêtre le matin.

Alors qu'il s'avançait, elle ressentit chacun de ses pas comme un coup de poignard dans son coeur, sentant que le contact était inéluctable, et impossible à éviter. Ses yeux la piquèrent, comme si elle venait d'avaler un gros piment, puis elle sentit l'eau envahir ses petits yeux. Elle aurait voulu se frapper, parce qu'elle avait la larme facile et qu'elle pouvait pleurer devant Pingu le Pingouin quand il n'avait pas pêcher de poisson.
A chaque pas, elle baissait un peu plus la tête, son menton s'enfonçant un peu plus dans son cou. Il fit une pause, sa respiration se stoppa, son coeur s'arrêta, ses doigts s'engourdirent. Ses dents s'enfoncèrent un peu plus dans sa chair, à l'intérieur de sa joue. Elle se relaxa un instant, à la fin de sa dernière phrase ; elle esquissa un léger sourire finissant par ricaner doucement. Quelques longues secondes passèrent, elle gardait son regard baissé et restait silencieuse. Puis, elle prit une longue et douloureuse inspiration et releva son visage.

Ses lèvres tremblèrent un court moment, perdant une nouvelle fois pied lorsqu'elle croisait son regard. Il déviait presque immédiatement sur le côté, se fixant sur le carrelage grisâtre de la salle d'autopsie. Elle se pinça les lèvres, sa tête s'avançant doucement en avant alors qu'elle allait prendre la parole : elle fourra ses mains dans ses poches et tangua doucement de gauche à droite.


« Tu sais je...Enfin je veux pas que tu crois que ça n'a aucune importance à mes yeux, je veux dire...Nous deux. Ok on était tous les deux totalement ivres...Enfin moi surtout d'après mon souvenir mais... » Elle marqua une longue pause, son coeur se souleva, ses yeux se brouillèrent. Elle savait que ce qu'elle allait dire lui donnait envie de se trucider mais elle devait être honnête. « Je pense que si on a fait ce qu'on a fait c'est que quelque part c'était pas que de l'éthanol tu crois pas ? »

C'était ça qu'elle gardait pour elle depuis cette semaine, c'était ça qui la torturait, c'était ça qui l'empêchait de manger. C'était parce qu'elle était persuader que l'alcool n'avait été qu'un prétexte et que même si elle doutait de ses sentiments, c'était au fond, et elle doutait. Voilà, c'était tout. A présent il fallait très vite qu'elle change de sujet, vite avant de perdre totalement la face. Elle reprit son souffle et continua en bafouant :
« Oui...Euh...Je...J'ai finis mon service alors...j'ai...J'ai du temps libre pour...Pour toi. »
Elle passa nerveusement une main derrière sa nuque, souriant timidement, son visage légèrement abaissé, l'air interrogatif. Elle esquissa un plus large sourire.
« Je crois que la morgue te sort par les yeux alors si tu veux y'a une cafet au premier étage de l'hôpital. »
C'était pas grand chose, juste un café. On recommençait tout depuis le début. Un nouveau départ.

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Teseo Mastriani

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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Dim 20 Juil - 14:10

Peut être était t-il tout simplement inconscient. Inconscient parce qu’il arrivait ici sans y avoir été convié, sans même avoir prit le temps de réfléchir aux conséquences que cet acte pouvait avoir. Sans savoir si venir la retrouver était raisonnable et sensé. La seule chose à laquelle il avait pensé à l’instant où il avait prit sa décision était son incapacité une seconde de plus dans l’ignorance. Sans être fixé, mais surtout sans la revoir. C’était tout simplement fou, mais Monica lui avait manqué, vraiment manqué pendant cette semaine où il n’avait rien fait d’autre que ressasser les souvenirs de leur soirée. La façon qu’elle avait de l’envoyer sur les roses dès qu’il ouvrait la bouche. La façon qu’elle avait de le regarder quand il parlait sans interruption et sans réel but, simplement pour tenter de la faire sourire. Même ses hurlements lorsqu’elle l’expulsait de la morgue lui avait manqué. L’admettre n’avait pas été chose facile, mais maintenant il le réalisait: la jeune femme lui avait manqué bien plus qu’il ne l’aurait imaginé, et ce n’était pas parce qu’il avait passé la nuit ensemble. Il le saurait. Il l’avait réalisé il y avait tout juste quinze petites minutes, mais c’était comme si on l’avait libéré d’une partie du poids qui lui pesait sur la conscience. Et sur le cœur.

Alors il avait fait ce qu’il savait faire de mieux. Parler, parler, parler sans interruption. Laisser s’échapper toutes les émotions qu’il ressentaient, parfois contradictoire, mais sincère. C’était probablement une des premières fois qu’il parlait à cœur ouvert, même si tout était à demi-mots. Il savait juste que c’était nécessaire, et que bâtir un mur d’assurance et d’ironie n’aurait servit à rien. Parler sincèrement était le seul moyen qu’il avait trouvé pour la faire changer d’avis. Pour qu’elle ne la haïssent plus. Mais il n’avait pas la moindre idée de la pertinence de ses paroles, ni même si elle ressentait le moindre sentiment à son égard autre que de l’énervement. Il avait cherché dans son regard la moindre trace d’encouragement, mais elle l’avait obstinément gardé baissé. Alors il avait continué, sans savoir si cela servait à quelque chose, mais conscient qu’il fallait qu’il continue. Monica n’étant pas exactement du genre à exprimer la moindre parcelle de ses émotions, un peu comme lui. Mais il fallait que l’un des deux fasse le premier pas, et il n’aurait pas pu attendre une minute de plus.

Enfin, elle leva la tête vers lui. Enfin, il croisa son regard, même pour quelque seconde. Ce qu’il y vit le stupéfia, mais il s’efforça de ne pas laisser cela paraitre. Elle paraissait aussi troublée qu’il ne l’était, sinon plus. Quelque part, cela le rassurait, rendait ses efforts utiles. Il ne regrettait pas d’être venu, rien pour la revoir ainsi. Finalement si vulnérable, aux antipodes de l’image qu’elle véhiculait. Sans esquisser le moindre mouvement, il l’écouta sans la quitter des yeux, même si leurs regards ne se croisaient que rarement. Toute la tension qu’il avait accumulé au cours de ces nuits dans sommeils, par toutes les tasses de café qu’il avait avalé du réveil au coucher disparut d’un seul coup, et ses épaules se détendirent sensiblement. Le poids qu’il portait se volatilisa alors complètement, le laissant comme libre de penser, de rire. De ressentir. Un peu comme un plongeur débarrassé d’une paire de palmes trop lourdes, il lui semblait que rien ne pouvait maintenant plus l’empêcher de sourire comme un enfant qui, après des mois d’attente, se réveillait le jour de son anniversaire.


« Je crois aussi. D’ailleurs, c’est pour ça que je suis venu, ici, la nuit, pour te parler, au lieu de t‘envoyer une carte postale. » Il avait insisté sur le ici, le sourire aux lèvres, pourtant ses yeux ne riaient pas. Ils étaient emplis d’une gravité et d’une sincérité dont on ne pouvait douter. En quelque sorte, c’était sa façon de lui avouer qu’il avait ressentit la même chose, mais par un chemin détourné. C’était tout simplement nouveau pour lui, cette façon de dévoiler ce qu’il pouvait ressentir.

Son sourire s’élargit lorsque, enfin, elle lui sourit. Le premier vrai sourire qu’elle lui adressait. Et mine de rien, c’était quelque chose qu’il n’était pas près d’oublier. Il hocha la tête, et lui tendit la main:
« Tu te rend compte que c’est la première fois que tu me souris ? » Se rendant soudain compte que ce n’était pas exactement le genre de chose à dire en pareille circonstance, il ferma les yeux une fraction de seconde, puis continua, presque gêné: « Enfin, oui. Je veux dire, on peux aller à la cafèt’, l’ambiance y est sûrement moins … Sinistre qu’ici. Deal ? » Difficile de cacher le malaise qu’il ressentait toujours lorsqu’il pénétrait dans les sous-sols, malgré ses efforts pour ne rien laisser paraitre. Un endroit éclairé autrement que par des néons et la compagnie de personnes capable de marcher et parler lui convenait beaucoup mieux. Aucun doute à avoir de ce côté-là.

Alors, pour conclure leur nouveau marché, ils se serrèrent la main. Et sans s’en rendre vraiment compte, Tes garda la main de Monica dans la sienne un peu trop longtemps. Mais il avait les yeux rivés dans les siens, et sa perception du temps semblait être soudain totalement déréglée. Ce simple contact avait ravivé nombre de sensation qu’il avait voulu oublié, lui rappelant un peu trop la soirée qu’ils avaient passé. La donne avait cependant changé, et l’erreur qu’il pensait avoir commise n’en semblait plus une. Une faux départ plutôt. L’élément déclencheur qui leur avait fait à tout deux réaliser qu’ils ne se détestaient peut être pas autant qu’ils le pensaient, en brûlant toutes les étapes intermédiaires.


« Allons-y » Sans lâcher sa main, il l’entraina vers la sortie, ne réalisant pas vraiment ce qu’il était en train de faire. Ni même à quel point tout cela dépassait tout ce qu’il avait pu imaginer. Il avait été persuadé qu’elle n’allait pas vouloir le revoir, mais pourtant le contraire c’était produit. Finalement, tout cela n’était pas si étrange: ils voulaient simplement tenter leur chance et il ressentait quelque chose pour elle. Pourquoi compliquer les choses.

Ils n’avaient fait que quelques pas dans l’obscurité en direction de l’escalier quand Teseo s’arrêta brusquement. En d’autres termes, pila littéralement sur place. Il hésita, se mordit la lèvre tandis que son esprit réfléchissait à toute vitesse, puis se retourna vers Monica. Remontant doucement son menton dans sa direction, il approcha son visage du sien, cherchant une fois de plus une réponse dans son regard. Une seconde, il attendit, les yeux plongés dans le sien malgré la pénombre, distinguant leur éclat plus par mémoire qu‘observation réelle. Une fois sûr qu’il n’allait pas se faire gifler, il laissa glissa sa main vers sa nuque puis posa ses lèvres contre celle de la jeune femme, dans un baiser dont le sens ne pouvait lui échapper. Tout simplement. La serrant un peu plus contre lui, il posa son front contre le sien, écartant une mèche de son visage, et lui sourit:
« Cette fois, je ne suis pas désolé. » Il marqua une pause, puis continua, plus bas. « Pas du tout ».

Pourquoi avait-il hésité si longtemps ? Même si le cadre n’était guère agréable, il se sentait heureux, malgré son rythme cardiaque quo refusait catégoriquement de revenir à un niveau normal.
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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Dim 20 Juil - 20:50

« Oh »
Murmura-t-elle, dans un doux soupir, abaissant sa tête pour dissimuler ses joues qui s'étaient coloré de rouge. Elle ne s'était jamais rendu compte qu'elle ne lui avait jamais souris de façon franche et délibérée alors que quand Monica était en confiance, en colère ou heureuse, elle souriait toujours. Elle souriait de bonheur, ou par perversité machiavélique envers l'autre, elle souriait pour un rien ou pour tout, d'habitude elle souriait. Pas comme la plupart des personnes qui sont heureuses et qui sourit. Non plutôt comme quelqu'un qui se sent appaisée et en phase avec elle même, avec ses sentiments. Si elle n'avait jamais décrocher un sourire à Tes, c'était une preuve de plus qui la perturbait...Dans le bon sens bien entendu.

Le fait qu'il enchaîne immédiatement, hésitant, la fit un peu plus sourire, et rougir à la fois. Cela devenait absolument ridicule, car ils se comportaient comme deux adolescents, mais c'était aussi merveilleusement délicieux cette sensation de renouveau. Lorsque ses yeux virent la main s'avancer vers elle, elle se redressa, son coeur s'emballa. Elle dodelina lentement, se pinçant la lèvre, et avança sa main en murmurant un :
« Deal. »
Le contact fut comme un électrochoc. D'un coup, des milliers de souvenirs arrivèrent comme un film en accéléré, comme des flash de lumière floue. C'était horrible. Parce que lorsqu'elle s'était réveillée ce matin là, nue dans un lit inconnu, sans aucun souvenir de ce qui c'était passée, elle s'était résolue à ne jamais le savoir, à bânir les odeurs, les contacts, les bruits, absolument tout ce qui pouvaient lui rappeller ce qu'elle conscidèrait comme une honte. Il lui avait juste fallu d'un simple contact, celui de deux mains, pour revoir d'un coup des images qui lui retournaient l'estomac. Sa vue se brouillèrent, ses bras et ses jambes s'engourdirent, tremblantes. Elle restait là, figée, les yeux ronds comme des fonds de bouteuilles, fixée sur leurs deux mains unies.

« Hein ? » Elle sursauta, et secoua sa tête, refermant immédiatement sa bouche qui avait commencé à baver. « Euh oui, oui allons y. » Bafoua-t-elle, toujours à moitié désorienté par l'union de leurs mains qui ne voulait pas se briser, comme une belle promesse. Elle se laissa donc tirer vers la sortie, toujours dans un état proche du malaise cardiaque, ses jambes avançant sans que son cerveau les guide. Eteignant au passage la lumière, sa main rippant sur l'interrupteur, elle poursuivit sa course, toujours tirée en avant, s'adaptant petit à petit à ce contact. Elle prit une profonde inspiration, se détâchant lentement de la réalité pour faire la liste des choses qu'elle avait laissé derrière elle. Avait elle bien fermé son ordinateur ? Avait elle fermé son tiroir de dossier ? Avait elle nettoyé son matériel ? Avait elle classé ses dossiers ? Avait elle fermé tous les tiroirs ? Avait elle bien attribué toutes les étiquettes ? Avait elle rangé ses lunettes ? Ah oui, elle n'avait pas de lunettes c'est vrai. Elle était en train d' énumérer sur ses doigts, et n'avait pas du tout remarquer qu'ils s'étaient arrêtés. Elle se figea et redressa sa tête : « Mais pourquoi on... »

Son corps sembla comme s'avancer malgré lui en avant, ses yeux s'élevant lentement dans la pénombre du couloir. Son coeur s'emballa et elle jura qu'il pouvait lui aussi l'entendre, ce qui fit monter une bouffée de chaleur insupportable : ses joues, sa gorge s'emflamèrent et si elle n'était pas perturbée par l'instant, elle aurait pu se croire proche de la mort. Il sentit le fantôme d'une main s'élever près d'elle, effleurant délicatement la peau de sa nuque. Son souffle se figea et ses pieds se clouèrent dans le sol, figée, immobile, tel un roc. Le baiser qu'ils partagèrent peut être aisément comparé au choc que connu le Titanic lorsqu'il se heurta à cet immense iceberg. Monica était le Titanic : imposante, fière, sûre d'elle même sur tout, au point de prétendre pouvoir être immunisée contre tout. Tes lui, était l'iceberg. Il rit, il jubile, car il sait que le Titanic ose penser qu'il passera sans dommage. Hors l'iceberg est là, il ne bougera pas, et avec sa petite taille qu'on lui attribu, il fait couler l'insubmercible Titanic. Et comme le paquebot, Monica refuse et ne veut pas, n'admet pas l'erreur et finit par se résigner alors qu'il se déchire en deux pour s'enfoncer dans l'immensité d'une eau trouble.

Monica capitula, et son corps s'avança lentement, très discrètement et alors que ses mains remontèrent doucement pour pouvoir le toucher, juste le toucher avec ses mains, elle même, faire l'effort. Elles se bloquèrent à quelques millimètres de lui, ne pouvant franchir la barrière. Cette douce étreinte se termina avec une lenteur insupportable, ce fût presque de la torture. Immédiatement après, Monica baissa sa tête, une nouvelle fois, une fois de plus. Son coeur se souleva lorsqu'il murmura qu'il n'était pas désolé. Là, tout de suite, elle aurait voulu le giffler. Lui hurler dessus, dire qu'il ne pouvait pas s'écouler une semaine sans se voir, et revenir comme cela et l'embrasser et remettre un bordel monstre dans sa vie sentimentale. Elle aurait voulu lui crever les yeux pour ne plus qu'il la regarde et lui arracher le coeur pour qu'il arrête de jouer avec les sentiments des autres avec autant de mépris. Mais la seule chose qu'elle fut capable de faire, alors qu'il restait silencieux, c'était d'avoir un élan soudain de confiance en elle, comme si elle prenaît le dessus sur une situation qui l'avait enfoncée depuis le début. Elle attrapa sa veste en cuir au niveau de la poitrine, prit une profonde inspiration, avala bruyament sa salive, releva la tête, et le tira vers elle en l'embrassant de nouveau. Le baiser dura quelques dixième de secondes, mais il fut suffisant à Monica pour avoir envie de pendre aux lumières murales.


« Moi non plus. » murmura-t-elle, en souriant doucement dans la pénombre. Puis elle haussa les épaules, comme une petite fille, puis s'élança dans le couloir devant lui.
« Par contre à cette heure ci la cafet est fermée, on se contentera d'un immonde café du distributeur. Tu vas pouvoir te vanter de tester la caféine hospitalière...Sans jeux de mots bien sûr. »
Elle parlait très vite, marchant d'une allure saccadée comme un robot, comme si l'initiative d'un nouveau baiser l'avait complètement renversée. Elle continua au bout du couloir, poussa la lourde porte gris en appuyant sur le battant et grimpa quatre à quatre les escaliers. La lumière au bout de cet escalier était comme un espoir nouveau revivre après les ténèbres de la morgue. C'était un véritable soulagement. Arrivée en haut, elle soupira, puis pivota doucement pour enfin lui faire face ses intestincs étant emmélés comme une pelote de laine. Elle indiqua timidement la cafet qui se trouvait au bout du premier étage avec son pouce par dessus son épaule et se stoppa. C'est tout.

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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Lun 21 Juil - 12:15

Bien qu‘il soit parfois capable, comme ici, d‘être sincère, Teseo était avant tout quelqu‘un qui ne réfléchit jamais avant de parler, et qui ne se dévoile jamais. Jamais. Doté d’un humour se muant souvent en une ironie parfois mordante, il avait le fâcheux défaut de ne pas savoir à quel moment s’arrêter, et ne se rend pas toujours compte des réactions de ses interlocuteurs. Si c’était un avantage professionnel lorsqu’il recueillait des informations, celui pouvait également lui occasionner bien des ennuis. Le dernier exemple est celui d’une de ses collèges a qui il a fait remarquer, et sans y aller par quatre chemins, à quel point sa nouvelle tenue ne la mettait pas en valeur. Résultat: avant d’avoir pu sentir la tension monter dans l’air, il s’était retrouvé avec une trace bien nette sur le joue ou se distinguait les cinq doigts d’une mains. Il ne s’était tout simplement pas rendu compte que ce n’était pas des choses à dire. Et une fois de plus, il se rendait compte qu’il avait oublié un léger détail: réfléchir avant d’agir. Lorsqu’il était arrivé, lui avait parlé, l’avait embrassé, c’était parce qu’il sentait qu’il allait exploser s’il ne le faisait pas. Il avait d’abord pensé à lui, et à lui seul. Bien sûr, il se comportait en parfait gentleman pour ne pas la brusquer, mais la vérité était qu’il n’arrivait pas à savoir. Elle était en quelque sorte inaccessible, et il ne faisait qu’essayer de la comprendre à travers les rares regards qu’elle lui accordait. Mais ce n’était que des suppositions, et il s’en rendait compte d’un seul coup.

Après tout, elle n’avait que peut parlé, et lui beaucoup. Peut être trop. Et même maintenant, elle le fuyait presque, fuyait son regard. Teseo se mordit la lèvre, se traitant mentalement de tous les noms de volatiles de sa connaissances et de diverses insultes dont il avait le secret. Qu’est-ce qui lui disait que ce qu’il ressentait était réciproque ? Rien. Mis à part qu’il était encore en un seul morceau et que ses tympans n’imploraient pas grâce, il n’avait aucune certitude. Mais une fois de plus, porté par la bouffée d’adrénaline que le sourire de la jeune avait déclenché dans son système nerveux, il avait arrêté de réfléchir. Et maintenant, il nageait dans le doute, ne sachant si l’embrasser avait été une bonne idée. Probablement pas, puisque Monica n’avait pas esquissé le moindre geste. Son silence n’annonçait d’ailleurs rien de bon, et se faire frapper ne l’aurait pas vraiment étonné. Il déjà expérimenté le violence lors de leur première rencontre. Une fois encore, il n’avait pas réfléchit, l’avait embrassé alors que c’était tout simplement la dernière chose qu’il aurait du faire alors qu’il venait de reprendre une relation qui n’était pas celle consistant à se hurler dessus sans interruption.

Immobile, il se taisait, réfléchissant à ce qu’il pourrait raconter pour sauver la mise quand il se sentit légèrement tiré en avant par les pans de sa veste. Lorsqu’il ouvrit les yeux et focalisa son attention sur la jeune femme, elle avala sa salive et la seconde d’après, était revenue à la case départ. Sauf qu’entre temps, elle l’avait embrassé, même si le terme effleuré aurait mieux convenu compte tenu de la durée dudit baiser. Abasourdi, il resta de nouveau sans esquisser un geste, les yeux presque écarquillés dans la mimique du poisson hors de l’eau. Oui, celui qui réalise après un quart d’heure qu’il ne peut plus respirer, et qui cherche frénétiquement de l’aide alors qu’il est enfermé dans un filet à poisson. Imaginez cela, et vous aurez à peu de choses près une idée de la mince qu’il affichait à ce moment précis. Il cilla, porta la main à ses lèvres puis reporta son regard vers elle: elle n‘allait pas cesser de l‘étonner.


« Tu … Tu vas pas me frapper ? Parce que statistiquement on peux pas passer plus de dix minutes ensemble sans que tu manques de m‘envoyer aux urgences.»

Elle se mit alors à parler à la vitesse d’un débit de mitraillette, avant de détaler, l’obligeant à allonger considérablement le pas pour suivre son rythme. Il ne retenu que quelques mots, et baissa les yeux vers elle, parce qu’elle était beaucoup plus petite que lui, interloqué: « Pas de soucis, je peux avaler n’importe quoi contenant de la caféine. » Il avait avalé en une semaine plus de café qu’un individu normal en une année, mais ce genre de record n’était pas vraiment de ceux qu’il aimait mentionner. Et puis, le breuvage des hôpitaux n’était probablement pas aussi terrible qu’on le disait dans les séries hospitalières, c’était probablement un cliché comme un autre. Comme l’image de Teseo et Monica incapable de se parler sans crier. Et bien la preuve que c’était faux !

Sans rechigner, il la suivit à travers le labyrinthe que constituait pour lui les couloirs des hôpitaux, et du se mettre à courir pour la suivre lorsqu’elle grimpait les marches avec l’aisance d’un cabri, ou d’un kangourou, tout dépend du point de vue. Arrivé en haut une petite seconde après elle, il s’immobilisa puis jeta un regard dans la direction qu’elle lui indiquait. Un couloir, et au bout, un cafétéria avec des distributeurs de toute genre et machines à café. Mais pour l’instant présent, son attention n’était portée sur une dose de caféine mais bel et bien sur Monica. Et elle seule. Bien que ce ne soit pas suffisant pour qu’il garde son sérieux bien longtemps:
« Tu t’entraines pour le cross de l’hôpital ? Ou tu préfères me faire une visite de l’hôpital version commando d’élite, auquel cas je préfèrerais faire seulement une visite de ce couloir. » Il sourit, puis oublia jusqu’à ce qu’il venait de dire. Façon de parler, sa mémoire était encore nettement supérieur à celle d’un poisson rouge, merci pour lui ! La capacité qu’elle avait a le déstabiliser l’étonnait toujours plus, un simple regard. D’un seul coup, il n’avait pas rien de drôle, et encore moins d’intelligeant à faire. Seulement la regarder sans oser esquisser le moindre mouvement vers elle, ne sachant comment elle réagirait. Et il n’aurait surtout pas voulu la blesser une fois de plus.

Alors, se contentant de remettre à sa place une mèche de ses cheveux, puis se dirigea vers les distributeurs, un léger sourire comme imprimé sur ces lèvres:. Et pour une fois, il se tut, le silence imposant du couloir le mettant plutôt mal à l’aise. Pas qu’il ait une phobie des hôpitaux, mais ne serait-ce parce qu’il avait besoin de voir Monica, jamais il n’y aurait mit les pieds de son plein gré. Arrivés devant la machine, Tes fronça les sourcils, pour se tourna vers elle:/i] « Noir ou avec du lait ? » [i]Et sans attendre de réponse, il inséra deux pièces dans le distributeur. Quelques secondes après, deux expressos attendaient bien sagement dans leur gobelet de plastique. Il lui en tandis un, un air coupable sur le visage.
«  Je t’aurais bien prit un cappuccino, mais malheureusement je n’avais pas assez de monnaie, il faudra faire ça une prochaine fois ! Ça marche ?» Façon détournée de l’inviter à boire un verre ailleurs quand cet endroit aseptisé et froid. Il allait devenir un véritable champion dans l’art de se faire comprendre de façon détournée.

Alors enfin, il s’asseyit sur une des banquettes qui meublaient la larges pièce, aux côté de Monica puis resta silencieux. En temps normal, il aurait alimenté seul la conversation, mais là il ne trouvait rien à dire. Ou préférait ne rien dire pour ne pas lui donner une raison de s’enfuir en courant. Pendant de longs instants, il resta silencieux, buvant son café à petites gorgées, baissant parfois les yeux, les ramenant toujours sur elle, incapable de deviner ce dont elle avait vraiment envie. Avec une autre, il n’aurait pas hésité et l’aurait embrassé, mais en se basant sur sa précédente réaction, il préférait ne plus rien précipiter. Même si cela lui en coutait.

« Il y a la retransmission d’un match de la finale de la Coupe du Monde de 1978, ça te dit qu’on aille le voir ? C’est mythique, et ce but … Ah, ce but ! » D’accord, ça paraissait complément idiot de proposer cela, mais c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour que leur semblant de retrouvailles ne se termine pas aussi rapidement. Après cette longue semaine, il voulait passer du temps avec elle, sans s’occuper du lendemain ni de quoi que ce soit d’autre. Juste elle.
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Monica Ricci
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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Lun 21 Juil - 18:10

« Je voudrais un cappu... »
Trop tard, déjà les deux pièces étaient tombées dans la petite fente, et la commande était passée. Tant pis, elle se contenterait d'un expresso, bien qu'elle carburait à ça le reste de la journée et que quand le jour déclinaît, elle commençait d'ailleurs à avoir envie de vomir ce genre de boisson. Elle prit une moue qui se voulait être agréable à voir, mais elle savait que son visage était déformé par le dégoût. Elle tendit donc sa main avec un sourire qui se voulait aimable et marmonna entre ses dents un « merci » à peine audible. La jeune fille prit une profonde inspiration ne pouvant se résoudre à tremper ses lèvres dans cette mixture puis redressa la tête lorsque Tes prit la parole.

« Heum oui d'accord, mais on ira le boire dans un vrai café. »
Elle avait marmonner, comme si elle ruminait par colère, et ne s'était pas du tout rendue compte que malgré elle, elle venait de lui promettre un rendez vous, à un autre endroit. Cela voulait dire quelque chose ? Est ce qu'elle devait s'inquiéter et se mettre à lire des livres psychologiques écrits par des vieilles demeurées qui prônent la volonté du subconscient sur le conscient ? Elle dodelina doucement de la tête, puis se retourna, indiquant d'un geste vague une banquette au cuir légèrement défoncé qui se trouvait non loin de là. Elle s'avança et s'installa, jetant un long regard circulaire autour d'elle. Elle se souvenait parfaitement de la première et de la seule fois où elle avait mis les pieds ici, un midi. C'était en avril de mémoire. Il y avait un monde fou, des internes, des résidents, des chirurgiens, bref tout un monde hospitalier qui justement, était tout sauf hospitalier.Elle s'était avancée, telle une minuscule fourmis cherchant une place libre, les mains tenant fermement le plateau qui contenait une salade et un jus de fruit puis elle s'était stoppée, se rendant compte qu'elle était au milieu de gens qu'elle n'avait pas envie de voir et de cotoyer. Alors, dorénavant, si elle doit travailler pendant le déjeuner, Monica mange son sandwich, assise en tailleur sur un brancard qu'elle avait sortie d'un des compartiments pour mettre les cadavres. Souvent elle avait son Ipod qui lui tenait compagnie et cela s'arrêtait là. Le seul contact humain qu'elle avait dans cet hôpital était celui qu'elle avait avec les morts, et, ma foi, cela lui suffisait largement.

Alors qu'elle ressassait ce souvenir douloureux de son expérience échouée de se faire des camarades dans l'hôpital, elle se rendit soudainement compte qu'un silence de mort - sans mauvais jeux de mots – c'était installé entre eux depuis de longues secondes qui s'écoulèrent en minute. Cela fût extrêmement gênant, surtout quand on sait ce qu'ils étaient capable de faire lorsqu'ils étaient animés d'une certaine colère l'un envers l'autre. C'était ça alors le triste destin de Teseo et Monica ? S'adresser la parole que lorsqu'il faut engueuler et juger l'autre ? Pas de quoi en écrire une histoire. Lentement, elle souleva son gobelet en plastique pour le porter à ses lèvres et bloqua sa respiration lorsqu'elle commença à ingurgiter quelques goûtes du café. Immédiatement, elle plissa ses yeux et eu un frisson lui parcourant l'échine. C'était comme boir de l'essence. Non pire, ça devait être pire. En plus si l'essence coûte aussi chère c'est que ça doit être bon à consommer. Enfin ça serait logique. Elle déposa lentement le verre en plastique devant elle, tentant de souffler discrètement pour éviter de vomir son jean et respira silencieusement comme un petit chien, ou comme les femmes qui vont mettre bas.

Elle sursauta quelque peu, comme si l'activité de s'empêcher de vomir l'avait complètement absorbée, lorsqu'il se hasarda enfin à parler. Là, elle faillit vraiment vomir. Du football ? Est ce qu'elle avait une tête à aimer le football ? Non sérieusement, c'était une blague ? Un test ? Oui, cela devait être ça. Un test. Il voulait savoir si elle était prête à se faire torturer (car il n'y a aucun autre mot possible à utiliser pour Monica lorsque l'on parle de foot) quelques heures de plus pour rester avec lui ? Non. Mille fois non. Même pour Robert Redford ou George Clooney elle n'aurait pas été capable de dire oui, et Dieu seul sait à quel point ça lui aurait coûtée de dire non.

« Du foot ? » déglutit elle enfin, espérant que parler ne lui donnera pas plus la nausée. « C'est obligé ? »

Elle se tourna vers lui, haussa les épaules, ses yeux se plissant dans la semie obscurité. Vite. Une excuse.
« Je veux dire que j'étais même pas née en 1978 alors disons que je m'en fou et que s'ils s'amusent à diffuser des matchs de foot de l'âge préhistorique d'il y a trente ans ils le feront de nouveau l'année prochaine non ? Je veux dire ce ne sont que des hommes pas très futés qui courent après un ballon tout rond pour le mettre dans un filet...non ? »
Elle se stoppa d'un coup, consciente que ses excuses étaient lamentablement bidons et que des milliers de femmes avant elle les avaient déjà utilisé, réutilisé et que par expérience, elle savait que ça ne fonctionnait...jamais. D'un geste las, Monica frappa son front avec la paume de sa main qu'elle laissa glisser le long de son visage, restant silencieuse. Lorsque sa main retomba mollement sur la table, elle se résolut à lui dire ce qu'elle avait vraiment sur le coeur.
« En faite voir ce match de foot me serait aussi agréable que de m'enfoncer un chêne dans les fesses. » Elle marqua une pause, et avança sa main pour la poser sur celle de Tes, véritablement désolée de n'être qu'une femme de plus qui méprise les sports de ballons dans ce sinistre bas monde où l'âme soeur est un conte raconté aux enfants. Un léger sourire d'excuse se dessina aux bords de ses lèvres tremblantes, puis elle ajouta.

« Mais par contre ça me dit d'aller chez toi. »
Elle sentit ses joues virées au rouge cramoisies et remercia quiconque qui se trouvait au ciel d'avoir fait baigner la cafétériat dans une obscurité parcielle mais suffisante. Après tout c'était le meilleur moyen de savoir si elle valait plus qu'un but. C'était aussi le meilleur moyen si ça valait le coup de s'accrocher, de continuer, de croire, de savoir et peut être aussi quelque part ... d'aimer.

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MessageSujet: Re: On a tous besoin de curry. [R.]   Mar 22 Juil - 13:20

Une mine amusée était maintenant apparue sur son visage, contrastant étrangement avec celle de Monica, qui semblait à la limite du dégout. Ou avait atteint cette limite, il n’en avait pas la moindre idée, mais l’expression de son visage au fur et à mesure que sa tirade s’allongeait lui avait clairement faire comprendre qu’elle n’était pas de celles pour qui le ballon rond est une religion. C’était un de ses passes temps favoris, mais sûrement pas un des siens, ce qui ne l’étonnait pas tellement: les seules femmes aimant le foot qu’il avait rencontré étaient plus larges d’épaules que lui, et il était loin d’avoir à rougir de sa carrure. S’appuyant plus confortablement au dossier de la banquette miteuse, son gobelet à moitié plein dans les mains, il haussa un sourcils face à la pauvreté de ses arguments. D’accord, l’idée ne lui plaisait pas, mais dénigrer le sport favoris des trois quarts des hommes de cette planète n’était pas vraiment quelque chose de nécessaire. Même si ce n’était son genre de s’offusquer, il ne pouvait s’empêcher de désapprouver son attitude, et son sourire amusé se mua peu à peu en sourire désabusé tandis que son regard s’assombrissait quelque peu.

« Quoi ? Mais attends, tu oublies une chose primordiale: les adversaires. Parce que dans la bande de têtes de pioche, il y a deux équipes. Et oui. Les gentils et les méchants, qui veulent tous les deux gagner, mais seuls ceux qui se font pas prendre en faisant des fautes y arrivent » Tourner en ironie ses propos lui avait insufflé un amusement retrouvé, et il la regarda avec un sourire de gamin. Il avait défendu honorablement son sport favori, même s’il savait qu’il ne l’avait pas fait changer d’avis. C’était tout de même normal de réagir comme ça, est-ce qu’il critiquait tous les films à l’eau de rose dont elle devait raffoler ?

Lorsqu‘elle lui fit part de tous ce que la simple idée de regarder un match lui inspirait, il ouvrit les yeux comme des soucoupes, les bouches entrouverte. Bouche bée. Lui aurait t-on dit que la Coupe du Monde avait été définitivement annulée qu‘il n‘aurait pas eu d‘autres expression. Il n‘avait encore jamais rencontré quelqu‘un pour qui sa passion pour s‘apparenter à une torture.
«  À ce point ? T’as de la chance que je sois d’une bonté incomparable et un parfait gentleman à l’écoute de tes désirs alors, sinon tu finirais mal en point … » Un sourire moqueur apparut sur ses lèvres: s’il y avait un défaut qu’il n’avait pas, c’était la susceptibilité. D’accord, c’était une vraie tête de mule et il réagissait au quart de tour, mais s’attaquer à ce qu’il aimait ne l’avait jamais vraiment contrarié. Et il n’avait pas spécialement l’intention de se lancer dans un débat interminable avec Monica, qui finirait par un autre match, mais de catch, pour la seconde fois. Le souvenir cuisant de leur première rencontre le dissuadait efficacement de la contrarier: il n’était pas suicidaire.

Silencieux quelques secondes, il fixa son regard dans le sien, constatant avec un trace d’étonnement à quel point elle avait l’air désolée. Sincèrement. Elle avait l’air d’une petite fille à qui on offrait une paire de chaussettes en laine d’un affreux prune pour son anniversaire, et qui tentait temps bien que mal de décliner le cadeau sans vexer grand-maman. Ce qui était, nous le savons tous, impossible. Il s’en fallait maintenant de peu pour que le regard qu’elle lui lançait ne finisse de l’attendrirai: une minute de plus face à ses yeux de cocker malheureux et il regarderait, en grimaçant certes, Star Academy si elle lui demandait. Enfin, presque.

Aller chez lui. Mais cette fois, sans avoir une quantité élevée d’alcool dans le sang, et de plus de son plein gré. Sans même que ce ne soit lui qui en prenne l’initiative. Oubliant le match qu’il avait vu une demi douzaine de fois, Teseo serra la main de la jeune femme dans la sienne, cherchant son regard. L’obscurité ne lui permettait de remarquer l’expression exact de ses traits, mais pourtant il le devinait. Il devinait qu’elle devait être anxieuse, attendre une réponse. Parce que pour le moment, c’était lui qui avait pris les choses en mains, et qu’elle n’avait fait qu’acquiescer. Une fois encore, il faisait face à une nouvelle situation, mais pourtant n’hésita pas une seconde. Ce qu’il allait dire serait signifiant pour la suite, il le savait. Cela serait en quelque chose la première pierre à la relation nouvelle qui commençait lentement à se forger entre eux, ou au contraire la fin de tout. Et il n’avait pas envie que ça se termine, après avoir eu l’aperçu de la vraie Monica. Celle qui était plus sensible, plus vulnérable que celle qu’il connaissait. Celle qu’il appréciait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Beaucoup plus.


« Chez moi ? Vraiment ? » Il se tut une seconde, traçant des cercles sur le dos de sa main du bout du pouce, puis se pencha vers elle pour lui murmurer à l’oreille: « Tu as envie de goûter le meilleur café de toute la ville à la place de ce … breuvage infâme ? » Finalement, ce qu’on en disait était un euphémisme: ce n’était pas du café, mais du jus de chaussette. Et même lui était incapable d’en boire plus d’un gorgée. Alors que celui dont il avait le secret au cloué sur place, sans se vanter, les plus grands connaisseurs. « Allons y alors, je pourrais même te faire le tour du propriétaire officiellement même si tu connais déjà les lieux. »

Bondissant sur ses jambes pour éviter une gifle qui aurait parfaitement raison de venir terminer sa course en direction de son visage, il laissa le gobelet à sa place sans lâcher la main de Monica. Redevenant sérieux, il lui fit face, réduisant progressivement l’espace les séparant en avançant d’un pas vers, sans lâcher sa main. Une gravité nouvelle était présente dans son regard lorsqu’il baissa la tête vers elle pour lui murmurer doucement: « Et puis moi ça me dit de passer la soirée avec toi. » Alors, enfin seulement, il l’embrassa de nouveau, presque effrayé de l’ampleur que cela pouvait avoir. Son rythme cardiaque accélérait tandis qu’un frisson parcourait sa nuque dès qu’il la touchait, mais il ne s’en occupait même plus. Il ne pensait à rien d’autre qu’à la chance qu’ils avaient.

Il se sépara d’elle à regret, puis passa le bras doucement autour de ses épaules, restant muet durant le trajet qui les mena à l’extérieur de l’hôpital, devant le hall. Sauf que c’était un silence qui n’avait rien de pesant cette fois ci, puis qu’il quittait une ambiance froide et désagréable vers de meilleures perspectives. Une fois un bas, il avisa sa moto garée un peu plus loin. Peut être que ce n’était pas une si bonne idée finalement.
«  Je peux te prêter mon casque et conduire, ou tu préfère prendre un taxi ? »

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